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Europe: La politique européenne de la recherche et de l’innovation.

Europe: La politique européenne de la recherche et de l’innovation.

L’UE a fait de la recherche et de l’innovation des piliers essentiels de son développement. À travers des programmes structurants, elle cherche à consolider son autonomie stratégique, à stimuler sa compétitivité et à relever les grands défis environnementaux, technologiques et sociétaux.

Synthese-recherche-UE Europe: La politique européenne de la recherche et de l'innovation.
L’UE représente aujourd’hui environ 20 % des investissements mondiaux en recherche et innovation – Crédits : DMP / iStock

La politique européenne de recherche et de développement technologique (RDT) occupe aujourd’hui une place importante au sein de l’Union. Son champ d’action, élargi dans les années 1980 avec la création d’un programme-cadre pour la recherche, se poursuit aujourd’hui à travers Horizon Europe, le programme de l’Union pour la recherche et l’innovation couvrant la période 2021-2027. D’autres instruments de financement le complètent, comme Euratom, le Fonds pour l’innovation ou le programme spatial européen.

Les objectifs sont clairement définis : renforcement scientifique, promotion de l’excellence, coopération internationale et diffusion des connaissances. L’article 179 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) dispose que « l’Union a pour objectif de renforcer ses bases scientifiques et technologiques, par la réalisation d’un espace européen de la recherche dans lequel les chercheurs, les connaissances scientifiques et les technologies circulent librement« .

L’Espace européen de la recherche comme cadre de coordination

Créé en 2000 par le Conseil européen de Lisbonne, l’Espace européen de la recherche (EER) a vu ses priorités réajustées en 2020 afin de renforcer la coordination et de rendre ses objectifs plus concrets pour les chercheurs et les innovateurs. Selon les termes du Conseil de l’Union européenne, le nouvel EER « renforce la coordination dans l’UE, que ce soit avec les États membres et le secteur privé comme avec les partenaires internationaux, ce qui donne à l’Europe un avantage concurrentiel au profit tant des entreprises que des citoyens« .

L’un des éléments centraux du nouvel EER est le « pacte pour la recherche et l’innovation en Europe« . Dans ce cadre, les États membres de l’UE s’engagent à partager un ensemble de valeurs et de principes communs, à définir des priorités d’action collectives, à accroître leurs investissements et à entreprendre les réformes nécessaires. Ils visent également à mettre en place un dispositif de coordination et de suivi des politiques de recherche et d’innovation à la fois plus simple et plus efficace.

Approuvé par le Conseil en mai 2025, le programme stratégique 2025-2027 de l’EER vise à « renforcer le paysage européen de la recherche et de l’innovation« . Il s’appuie sur un ensemble de politiques structurelles, qui portent notamment sur la science ouverte, l’égalité entre les femmes et les hommes, la pérennité des carrières scientifiques, le développement des infrastructures de recherche, la coopération internationale et la valorisation des connaissances.

À côté de ces orientations de long terme, des actions ciblées doivent produire des résultats concrets d’ici trois ans, par exemple en développant l’intelligence artificielle pour la recherche ou encore en renforçant la sécurité de la recherche. Les États membres peuvent y participer de manière volontaire et flexible. 

Sur le plan financier, la Commission estime que l’innovation a contribué à près des deux tiers de la croissance économique européenne au cours des dernières décennies. L’UE représente également environ 20 % des investissements mondiaux en recherche et innovation. Mais cette part est sous pression face à la montée en puissance de la Chine et des États-Unis, ce qui conduit à un renforcement des efforts d’investissement. Le nouvel EER réaffirme l’objectif, fixé dès 2000 dans la stratégie de Lisbonne, d’atteindre 3 % du PIB consacré à la recherche et au développement. En 2018, cet investissement représentait environ 2,2 % dans l’Union, avec de fortes disparités entre États membres.

Les instruments de la politique européenne de recherche

Depuis 1983, l’Union européenne met en œuvre sa politique en matière de recherche et développement technologique à travers les programmes-cadres (PCRDT), qui assurent un financement continu et structuré.
Elle s’appuie également sur plusieurs organes spécialisés :

  • le Conseil européen de la recherche (ERC), créé en 2007, qui soutient la recherche exploratoire dans tous les domaines scientifiques et technologiques ;
  • l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), fondé en 2008 pour renforcer la capacité d’innovation à l’échelle du continent ;
  • la coopération européenne en science et technologie (COST), qui favorise la mise en réseau des chercheurs européens et internationaux.
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Horizon Europe, phare de la recherche européenne

« Horizon Europe » est le programme-cadre de l’UE pour la recherche et l’innovation pour la période 2021-2027. Le programme disposait initialement d’un budget de 95,5 milliard d’euros, ramené lors de la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel 2021-2027 à 93,4 milliards d’euros à compter de 2025.

La structure du programme repose sur quatre grands piliers. Le premier est l’excellence scientifique. Vient ensuite l’attention portée aux problématiques mondiales et à la compétitivité industrielle européenne, grâce à la mise en œuvre de missions de recherche menées à l’échelle de l’Union européenne afin d’apporter des réponses à des enjeux spécifiques. Le troisième pilier, intitulé « Europe innovante », vise à faire du continent un véritable précurseur en matière d’innovation et à favoriser une meilleure intégration entre les entreprises, la recherche, l’enseignement supérieur et l’entrepreneuriat. Enfin, le quatrième pilier concerne l’élargissement de la participation et le renforcement de l’espace européen de la recherche.

Les grands domaines de la recherche européenne

La politique de recherche et d’innovation de l’Union ne se limite pas aux sciences fondamentales : elle irrigue de nombreux secteurs stratégiques.

La santé constitue un axe prioritaire, avec le soutien à la recherche biomédicale, au développement de nouveaux vaccins, de traitements innovants et de solutions de médecine personnalisée. L’énergie et le climat sont un autre pilier, avec des programmes portés par Euratom pour la sûreté nucléaire civile, mais aussi avec d’importants investissements dans les énergies renouvelables, l’hydrogène propre ou l’efficacité énergétique. Enfin, le spatial bénéficie d’un appui particulier, l’Union travaillant de concert avec l’Agence spatiale européenne (ESA) pour des projets phares tels que Galileo (navigation par satellite) et Copernicus (observation de la Terre).

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En mars 2024, un second plan stratégique a été adopté pour la période 2025-2027. Il fixe trois priorités essentielles : la transition écologique, la transition numérique et la construction d’une Europe plus résiliente, compétitive, inclusive et démocratique.

D’après la Commission européenne, le programme Horizon Europe a financé plus de 15 000 projets à mi-parcours (avril 2025), pour un budget cumulé de plus de 43 milliards d’euros. Ces initiatives ont mené à des réalisations concrètes telles que des bus électriques à pile à combustible pour les villes européennes ; de nouveaux antibiotiques ou encore des technologies d’intelligence artificielle (IA) accessibles à la communauté scientifique.

Faire de l’UE une terre d’accueil et d’excellence pour les chercheurs

Au-delà des stratégies, ce sont bien les chercheurs européens qui donnent vie à la politique de recherche et d’innovation de l’Union. Entre 2013 et 2023, le nombre de chercheurs en équivalent temps plein (ETP) est passé de 1,48 à 2,15 millions, soit une hausse significative de 45,4 % selon Eurostat. Une croissance portée en grande partie par le secteur privé, qui emploie 56,6 % des chercheurs, suivi de l’enseignement supérieur (31,8 %) et du secteur public (10,2 %).

Pour entretenir cette puissance critique en matière de recherche et d’innovation, il convient aussi d’attirer de nouveaux talents, tout en ne laissant pas partir ceux qui alimentent le vivier existant. C’est pourquoi l’UE et la France ont lancé le 5 mai 2025 l’initiative « Choose Europe for science » (choisir l’Europe pour la science). Ce projet pilote entend positionner l’Europe comme une destination de choix pour les chercheurs en leur offrant d’excellentes conditions de travail et de solides perspectives de carrière. Dans le viseur et en première ligne, les chercheurs américains dont les travaux sont menacés par les politiques de l’administration Trump. Une enveloppe de 500 millions d’euros pour la période 2025-2027 a été débloquée en ce sens. La France, elle, s’est engagée à mobiliser 100 millions d’euros supplémentaires via le programme France 2030.

Arguant que la science est « la clé de [l’]avenir ici en Europe« , la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que l’UE allait « aider les institutions publiques et privées à mieux se rapprocher des travailleurs et des chercheurs hautement qualifiés« , mais aussi « ‘accélérer et simplifier l’entrée des chercheurs de haut niveau‘ » sur le sol européen. La cheffe de l’exécutif européen a par ailleurs clamé sa volonté « dinscrire la liberté de la recherche scientifique dans le droit au moyen d’un nouvel acte législatif sur l’Espace européen de la recherche« .

En 2025, la Commission européenne a en outre prévu de consacrer plus de 1,25 milliard d’euros aux appels à projets dans le cadre des actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA). Ce programme finance la mobilité internationale, la formation et le développement de carrière des chercheurs à travers des projets de recherche collaboratifs ou individuels en Europe et au-delà depuis bientôt 30 ans. Concrètement, les actions Marie Skłodowska-Curie soutiennent les chercheurs à chaque étape de leur parcours, en finançant la formation doctorale, les mobilités postdoctorales et la circulation des savoirs entre l’Europe et le reste du monde. 

Enfin, une autre mission essentielle de l’UE est de rendre la recherche plus proche des citoyens. Cela passe notamment par des initiatives comme la nuit européenne des chercheurs, des actions dans les écoles ou des programmes de communication scientifique. 

La politique européenne de recherche et d’innovation vise à renforcer la compétitivité scientifique et économique de l’Europe tout en soutenant les transitions écologique et numérique. Elle s’appuie sur une approche intégrée visant à développer des solutions durables et inclusives, contribuant ainsi à l’autonomie stratégique et au modèle de développement européen. Un cadre qui guide les financements européens pour orienter la recherche vers des impacts concrets sur la société et l’économie européenne.

Source: https://www.touteleurope.eu/l-ue-dans-le-monde/la-politique-europeenne-de-la-recherche-et-de-l-innovation/

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